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NAN JIANG

 Nan-jiang

Festival de Musique en Albret

Concert : ENSEMBLE SUONATORI

Vendredi 4 Août 2017, 20h30

Espace d’Albret

Musiciens :

  • Christophe Geiller, violon baroque, alto baroque

  • Géraldine Bruley, violes de gambe

  • Jodël Grasset-Saruwatari, percussions, ûd, colascione, psaltérion, chalumeau

  • Saori Sato, épinette, percussions

  • Nan Jiang, guzheng

  • Benoît Albert, guitare romantique, milltone

  • Benoît Carrillon, théorbe, guitare baroque, vihuela, bol chantant

NAN JIANG naît à Quanzhou, ville de grande histoire aux traditions vivaces.

Enfant de la balle, elle grandit au son des répétitions de la troupe d’opéra locale où ses parents dansent et le théâtre municipal est son terrain de jeu ordinaire. Dans le quartier, les voisins prennent vite en grippe ce petit démon coiffé de deux couettes qui, du matin au soir, arpente les escaliers en martelant un tambour, chantant à tue-tête les arias qu’elle connaît aussi bien que les acteurs. Il fallait au plus vite encadrer cette vocation. On lui donne à apprendre un instrument. Ce sera la cithare guzheng. Après s’être dégrossi les doigts pendant quelques années sous la conduite de professeurs à domicile, elle intègre ces classes de collège à horaires aménagés destinées aux futurs musiciens et danseurs professionnels. Ensuite, ce sera le Conservatoire de Shanghai, prestigieux et exigeant, puis, enfin, la section de musicologie de l’Université de Xiamen.

Diplômée et devenue professeur à l’Institut des arts scéniques de Xiamen, elle se produit sur scène régulièrement en Chine et à Taiwan, seule ou au sein d’un petit ensemble, et remporte quelques médailles lors de concours d’interprétation. Elle affrontera même, en position de soliste, la masse sonore d’un orchestre philharmonique dans un concerto pour guzheng écrit par He Zhanhao. Ce jour-la, le compositeur en personne, célèbre auteur de cette pièce dont chacun en Chine sait siffloter les premières mesures, était au pupitre de chef et tenait la baguette…

Aujourd’hui, Nan Jiang s’est enracinée en France où elle donne de nombreux concerts en soliste ou en ensemble : Théâtre du Capitole (Toulouse), Institut du Monde Arabe (Paris), Salle Nougaro (Toulouse), Festival Rio Loco! (Toulouse)… Elle participe aussi, sous la direction de Christian Salès, à l’enregistrement de la bande son du spectacle donné au pavillon des nouvelles pratiques urbaines de l’exposition universelle de Shanghai de 2010. Cette nouvelle terre, ce fut aussi la découverte de faire autrement de la musique. Au fil de rencontres où la musique baroque, le tango, le flamenco, le maqâm oriental, les musiques traditionnelles turques ou des Balkans se sont achoppés à son art, Nan Jiang se construit un itinéraire original d’équilbrisme musical qui, à côté de sa tradition à laquelle elle reste adossée, est devenue aujourd’hui sa direction principale. Dans cette veine, il y a le spectacle Mirage des Sons du Sud, que Nan Jiang a préparé avec Wang Xinxin, l’extraordinaire interprète taiwanaise de la musique nanguan, et l’orchestre baroque Les Passions, sous la direction de Jean-Marc Andrieu, dont la création a été donnée au Théâtre du Capitole lors de l’édition 2012 du Festival Made in Asia.

C’est aussi le Trio Tenza composé de trois « femmes-tempérament », Nan Jiang, Marie Sigal et Corinne Dubarry, dont l’énergie transpire et la curiosité déborde. Cithare chinoise, accordéon, piano, voix : le trio Tenza vient à la croisée des chemins de chanteuses-instrumentistes aussi passionnées que virtuoses. De libres territoires se profilent… Entre poésie, féminité et révolte, trois horizons du monde se cherchent pour n’en faire plus qu’un…

Nan Jiang explore d’autres orients, avec le spectacle Voyages et mélodies sous le signe du Maqâm, construit autour du compositeur et joueur de oud Lakhdar Hanou.

Désormais, Nan Jiang poursuit son exploration en développant son spectacle soliste. Tout son art, traversé par une force expressive saisissante, y est tendu vers l’émotion : le souffle est droit, le trait est pur. Elle nous ensorcelle sûrement, nous transporte loin, par le sac et le ressac de cette énergie stupéfiante qu’elle sait contenir ou laisser éclater.